
ℹ Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou les services du Conseil départemental pour toute décision patrimoniale concernant le financement d’un EHPAD.
Placer un proche en établissement médico-social dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur représente un investissement mensuel qui oscille entre 2 200 et 3 500 euros selon la localisation, le niveau de dépendance et le standing de la structure. Cette fourchette tarifaire, parmi les plus élevées de France, cache en réalité une mécanique budgétaire complexe où trois postes se cumulent (hébergement, dépendance, soins) et où plusieurs aides financières peuvent drastiquement réduire le reste à charge final. Anticiper ce budget réel nécessite de croiser les barèmes départementaux, les conditions d’éligibilité aux dispositifs publics et les spécificités géographiques du littoral méditerranéen.
Votre budget EHPAD sud France en 4 points :
- Fourchette tarifaire mensuelle entre 2 200 et 3 500 euros selon localisation et standing de l’établissement
- L’APA réduit la facture dépendance de 350 à 1 200 euros selon le GIR évalué
- Réduction fiscale de 25 % des dépenses réelles avec un plafond annuel de 10 000 euros
- Simuler le reste à charge réel en cumulant systématiquement toutes les aides mobilisables
La fourchette réelle des tarifs mensuels en EHPAD sur la Côte d’Azur
Les données de terrain montrent que le coût mensuel d’un hébergement en établissement médico-social dans le département du Var se situe généralement dans une fourchette de 2 000 à 3 500 euros. Cette amplitude s’explique par trois facteurs principaux : la localisation géographique (littoral versus arrière-pays), le statut juridique de l’établissement (public, privé commercial ou associatif) et le niveau de prestations hôtelières proposées. Sur le littoral méditerranéen, entre Toulon et Fréjus, les tarifs pratiqués peuvent atteindre 3 200 à 3 500 euros mensuels pour des structures récentes offrant des chambres individuelles avec terrasse. Dans l’arrière-pays varois, autour de Draguignan ou Brignoles, cette même prestation oscille plutôt entre 2 200 et 2 700 euros.
L’écart tarifaire entre ces deux zones géographiques représente un différentiel significatif qui reflète principalement le coût immobilier de la région côtière et la pression foncière exercée sur les communes du littoral. Pour les familles recherchant un établissement dans le Var, cette réalité géographique ouvre une opportunité d’arbitrage budgétaire : accepter un éloignement de 30 à 40 kilomètres de la côte peut générer une économie mensuelle substantielle (estimation à titre indicatif). Les Ehpad à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, commune de l’arrière-pays située entre Aix-en-Provence et Brignoles, illustrent cette configuration tarifaire intermédiaire avec un accès facilité depuis l’autoroute A8.
Au-delà de la localisation, le statut juridique de l’établissement influence également la structure tarifaire. Les EHPAD publics et associatifs affichent généralement des tarifs hébergement sensiblement inférieurs aux structures privées commerciales, mais peuvent présenter des listes d’attente plus longues (de trois à douze mois selon les secteurs). Comme le fixe l’arrêté du 24 décembre 2025 publié au Journal officiel, les tarifs hébergement des EHPAD ne peuvent augmenter de plus de 0,86 % en 2026, contre 3,21 % l’année précédente, ce qui marque un net ralentissement de la progression tarifaire après plusieurs années d’indexation dynamique.
Cette modération réglementaire offre une fenêtre de stabilité relative pour les familles qui budgétisent une entrée en établissement au premier semestre 2026. Comptez néanmoins sur une évolution tarifaire modérée sur le moyen terme, indépendamment des arrêtés annuels, en raison de la pression exercée par les coûts de masse salariale du secteur médico-social.
Comment se répartit concrètement votre facture mensuelle
La lecture d’une facture EHPAD déroute souvent les familles lors de la première confrontation au document. Contrairement à un loyer classique qui affiche un montant unique, la facturation mensuelle d’un établissement médico-social décompose trois postes distincts qui obéissent chacun à des règles de tarification et de prise en charge différentes. Cette architecture tarifaire en trois piliers résulte de la convention tripartite signée entre l’établissement, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le Conseil départemental, qui encadre l’activité de chaque EHPAD en France.

Le tableau ci-dessous synthétise la répartition moyenne des trois composantes tarifaires pour un établissement du Var en 2026, en précisant pour chaque poste l’organisme financeur et le reste à charge théorique du résident avant application des aides (montants à titre indicatif basés sur des moyennes constatées).
| Poste tarifaire | Montant mensuel moyen | Pris en charge par | Reste à charge résident |
|---|---|---|---|
| Tarif hébergement | 1 800 – 2 400 € | Résident (déduction fiscale 25 %) | 1 350 – 1 800 € après réduction |
| Tarif dépendance GIR 1-2 | 700 – 900 € | APA (580 – 850 €) | 50 – 120 € |
| Tarif dépendance GIR 3-4 | 450 – 650 € | APA (350 – 500 €) | 100 – 150 € |
| Tarif soins | 400 – 1 200 € | Assurance Maladie (100 %) | 0 € |
Le tarif hébergement : socle fixe incompressible
Le tarif hébergement constitue le poste le plus lourd de la facture mensuelle. Il couvre la mise à disposition de la chambre, les trois repas quotidiens, l’entretien du linge, le ménage, les animations collectives et les charges de structure de l’établissement. Dans le Var, ce tarif oscille généralement entre 1 800 et 2 400 euros par mois selon la configuration de la chambre (simple ou double), la qualité des prestations hôtelières et la localisation de l’établissement.
Contrairement aux deux autres postes, le tarif hébergement est fixé librement par l’établissement (hors structures habilitées à l’aide sociale). Cette liberté tarifaire explique les écarts importants observés entre établissements d’un même secteur géographique. Les prestations incluses dans ce forfait sont généralement standardisées : lit médicalisé, climatisation, connexion télévisuelle, accès aux espaces communs. En revanche, certains services restent facturés en supplément sur la plupart des factures : le pédicure (30 à 40 euros), le coiffeur (15 à 25 euros), les sorties accompagnées (20 à 50 euros) et les consommations au bar si l’établissement en dispose.
Le tarif dépendance : variable selon votre GIR
Les établissements pratiquent trois niveaux tarifaires distincts. Pour les résidents en GIR 1 et 2 (dépendance lourde nécessitant une présence constante), le tarif dépendance atteint entre 700 et 900 euros mensuels dans le Var. Pour les GIR 3 et 4 (dépendance modérée avec besoin d’aide partielle), comptez entre 450 et 650 euros. L’enquête EHPA 2023 publiée par la DREES confirme que 57 % des personnes de 90 ans ou plus hébergées en EHPAD se situent en perte d’autonomie sévère (GIR 1 et 2), ce qui signifie qu’une majorité des résidents se trouvent dans la tranche tarifaire haute du barème dépendance.
L’évaluation du GIR intervient lors de l’entrée en établissement puis fait l’objet d’une réévaluation annuelle par l’équipe médico-sociale. Cette réévaluation peut entraîner une modification du tarif dépendance à la hausse si l’état de santé se dégrade, ou à la baisse dans les rares cas d’amélioration de l’autonomie.
Le tarif soins : pris en charge par l’Assurance Maladie
Le tarif soins finance les prestations médicales et paramédicales délivrées dans l’établissement : consultations du médecin coordonnateur, interventions infirmières, kinésithérapie, ergothérapie, fournitures médicales et médicaments. Ce poste représente entre 400 et 1 200 euros mensuels selon le niveau de médicalisation de l’établissement et le profil moyen de dépendance des résidents.
Mais contrairement aux deux postes précédents, le tarif soins n’apparaît jamais sur la facture du résident. Il est intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie via une dotation globale annuelle versée directement à l’établissement, sans avance ni reste à charge pour la famille. Cette prise en charge totale constitue une spécificité du statut EHPAD par rapport aux résidences services seniors classiques, où les soins restent à la charge du résident via le système de remboursement de ville.
Trois leviers pour réduire drastiquement le reste à charge
L’affirmation selon laquelle les EHPAD demeurent financièrement inaccessibles pour une majorité de retraités mérite d’être confrontée à la réalité du système d’aides françaises. Les données montrent que le cumul des trois dispositifs principaux (APA en établissement, aide sociale à l’hébergement et réduction fiscale) peut réduire le reste à charge mensuel substantiellement selon les revenus du foyer et le niveau de dépendance. Cette mécanique de financement reste malheureusement opaque pour beaucoup de familles qui découvrent ces leviers tardivement, souvent après plusieurs mois d’hébergement payés au tarif plein.

L’APA en établissement : de 350 à 1 200 € selon dépendance
L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) en établissement prend en charge une partie du tarif dépendance facturé par l’EHPAD. Son montant varie selon le niveau de dépendance évalué (GIR) et le tarif dépendance pratiqué par l’établissement d’accueil. Pour un résident classé en GIR 1 ou 2, l’APA peut couvrir entre 580 et 850 euros mensuels du tarif dépendance. Pour un GIR 3 ou 4, cette prise en charge oscille entre 350 et 500 euros.
La force de l’APA réside dans son absence totale de condition de ressources : elle est attribuée à tous les résidents de 60 ans ou plus en perte d’autonomie (GIR 1 à 4), quel que soit le niveau de revenus ou de patrimoine du foyer. Le dossier de demande se dépose auprès du Conseil départemental du Var, via le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la commune de résidence ou directement en ligne sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Le délai réglementaire d’instruction est fixé à deux mois maximum, extensible à trois mois en cas de dossier incomplet nécessitant des pièces complémentaires.
Dans la pratique du département du Var, les délais constatés se rapprochent plutôt de deux mois et demi à trois mois et demi selon les périodes de l’année, avec un allongement notable entre septembre et décembre en raison du pic de demandes de rentrée. Anticiper le dépôt du dossier trois à quatre mois avant l’entrée effective en établissement permet de sécuriser le versement de l’APA dès le premier mois de facturation et d’éviter plusieurs mois d’avance du tarif dépendance complet.
L’ASH : bouclier ultime si reste à charge supérieur au revenu
L’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) constitue le dispositif de dernier recours lorsque les revenus du résident ne suffisent pas à couvrir le tarif hébergement de l’établissement. Contrairement à l’APA, l’ASH est soumise à une condition de ressources stricte : les revenus mensuels du demandeur (pensions de retraite, revenus fonciers, revenus de capitaux) doivent être inférieurs au coût mensuel de l’hébergement pour ouvrir un droit potentiel.
Le montant de l’ASH versée correspond à la différence entre le tarif hébergement de l’établissement et 90 % des ressources du résident (les 10 % restants constituant une somme minimale laissée à disposition pour les dépenses personnelles). Prenons une situation classique : une personne disposant de 1 350 euros de pension mensuelle entre dans un EHPAD facturant 2 600 euros (hébergement + dépendance après APA). L’ASH peut prendre en charge jusqu’à 1 035 euros mensuels (2 600 € – 90 % de 1 350 € – montant APA), ramenant le reste à charge familial à un montant réduit après application de l’obligation alimentaire.
Car l’ASH active automatiquement l’obligation alimentaire des descendants : les enfants du bénéficiaire sont sollicités par le Conseil départemental pour contribuer au financement selon leurs propres capacités financières. Cette obligation peut générer des tensions familiales lorsque la fratrie n’arrive pas à s’accorder sur la répartition de l’effort. Autre contrepartie majeure de l’ASH : ce que précise le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr sur la récupération ASH, le Conseil départemental peut récupérer les montants versés sur la succession du bénéficiaire dès le premier euro d’actif net successoral, sans seuil protecteur comme c’est le cas pour l’aide à domicile.
La réduction fiscale : 25 % des dépenses réelles plafonnées
Le Code général des impôts (article 199 quindecies) accorde une réduction d’impôt égale à 25 % des dépenses d’hébergement et de dépendance supportées en EHPAD, dans la limite d’un plafond annuel de 10 000 euros de dépenses. Cette réduction maximale atteint donc 2 500 euros par an, soit environ 200 euros par mois de gain fiscal.
Contrairement à une déduction fiscale qui vient diminuer le revenu imposable, la réduction d’impôt se déduit directement du montant de l’impôt dû. Pour les foyers non imposables ou dont l’impôt est inférieur au montant de la réduction, le dispositif fonctionne en crédit d’impôt : l’administration fiscale rembourse la différence au contribuable. Ce mécanisme garantit que tous les résidents en EHPAD bénéficient effectivement de cet avantage fiscal, indépendamment de leur niveau d’imposition.
Pour calculer la base de réduction, vous devez additionner les sommes réellement payées au titre du tarif hébergement et du tarif dépendance (après déduction de l’APA), puis soustraire les éventuels remboursements de complémentaire santé. Le tarif soins ne doit jamais être inclus dans ce calcul puisqu’il est déjà pris en charge par l’Assurance Maladie. Si votre proche bénéficie en parallèle d’EHPAD avec vue sur mer facturant des suppléments confort (accès terrasse privative, prestations hôtelières premium), ces suppléments ne sont généralement pas éligibles à la réduction fiscale dépendance.
Documents indispensables pour votre dossier APA et ASH
- Certificat médical de moins de 6 mois détaillant les pathologies et limitations fonctionnelles
- Justificatifs de revenus : avis d’imposition N-1 et relevés de pensions de retraite des 3 derniers mois
- Justificatifs de patrimoine : taxe foncière, relevés d’assurance-vie et livrets d’épargne
- RIB du résident pour le versement direct de l’APA
- Contrat d’hébergement EHPAD signé (uniquement pour la demande d’ASH)
- Coordonnées complètes des obligés alimentaires pour l’instruction de l’ASH
Simulez votre budget selon trois profils types dans le Var
L’erreur la plus fréquente consiste à évaluer le coût d’un EHPAD en additionnant simplement les lignes de la facture sans tenir compte des aides cumulables. Cette vision brute génère une angoisse budgétaire disproportionnée et conduit parfois les familles à renoncer prématurément à une solution d’hébergement pourtant finançable. Prenons une situation classique : une famille découvre qu’un établissement du Var facture 2 800 euros mensuels et conclut immédiatement que le placement est impossible avec une pension de retraite de 1 450 euros. Mais ce raisonnement ignore qu’après application de l’APA (environ 500 euros pour un GIR 3), de l’ASH (prise en charge partielle du différentiel) et de la réduction fiscale (environ 170 euros mensuels), le reste à charge réel peut descendre à un niveau soutenable pour le foyer.
Cas pratique : Veuve de 84 ans, GIR 3, pension 1 450 €
Madame L., veuve de 84 ans, entre en EHPAD à Brignoles suite à plusieurs chutes à domicile et à un début de maladie d’Alzheimer. Elle est évaluée GIR 3 lors de son admission. Sa seule ressource est une pension de réversion de 1 450 euros mensuels. Son patrimoine se limite à un appartement T3 estimé 180 000 euros, qu’elle souhaite conserver pour le transmettre à ses deux enfants.
L’établissement facture 2 200 euros d’hébergement et 520 euros de tarif dépendance GIR 3, soit 2 720 euros au total. L’APA départementale couvre 420 euros du tarif dépendance, ramenant la facture à 2 300 euros. Après dépôt d’un dossier ASH, le Conseil départemental accorde une prise en charge de 570 euros mensuels (tenant compte de l’obligation alimentaire réduite de ses enfants à revenus modestes). Le reste à charge familial s’établit à 1 305 euros par mois, auquel s’ajoute une réduction fiscale de 175 euros mensuels (crédit d’impôt car non imposable), portant le coût net final à 1 130 euros mensuels.
Avec 1 450 euros de pension, Madame L. conserve environ 320 euros mensuels pour ses dépenses personnelles (coiffeur, vêtements, sorties accompagnées). Le dossier ASH a nécessité quatre mois d’instruction, période durant laquelle la famille a dû avancer les sommes non couvertes avant le premier versement rétroactif de l’aide sociale.
Le tableau suivant présente trois simulations budgétaires complètes selon différents profils de revenus et de dépendance, en intégrant l’ensemble des aides mobilisables dans le département du Var en 2026 (montants à titre indicatif basés sur des moyennes constatées).
| Profil résident | Tarif EHPAD total | APA versée | ASH versée | Réduction fiscale mensuelle | Reste à charge net |
|---|---|---|---|---|---|
| Revenus faibles : 1 200 € pension, GIR 2 (dépendance lourde) | 2 600 € | – 800 € | – 600 € | – 50 € (crédit impôt) | 1 150 € |
| Revenus moyens : 2 000 € pension, GIR 3 (dépendance modérée) | 2 800 € | – 500 € | 0 € (non éligible) | – 190 € (réduction) | 2 110 € |
| Revenus élevés : 3 500 € pension, GIR 4 (faible dépendance) | 3 200 € | – 350 € | 0 € (non éligible) | – 200 € (plafonnée) | 2 650 € |
Ces simulations mettent en évidence deux enseignements majeurs. D’abord, le taux d’effort varie fortement selon les profils : très élevé pour les revenus faibles (mais avec maintien d’un minimum vital), supérieur aux revenus pour les revenus moyens (nécessitant un complément familial ou une mobilisation d’épargne), et plus soutenable pour les revenus élevés. Ensuite, l’ASH joue un rôle déterminant pour les petites pensions mais crée en contrepartie une dette future sur la succession, ce qui peut modifier la stratégie patrimoniale familiale.
Au-delà du financement mensuel, il convient d’anticiper les coûts annexes qui échappent au forfait EHPAD : pédicure (30 à 40 euros), coiffeur (15 à 25 euros), sorties accompagnées (20 à 50 euros), vêtements adaptés et produits d’hygiène spécifiques. Ces dépenses représentent en moyenne plusieurs dizaines à plus d’une centaine d’euros supplémentaires par mois et sont rarement intégrées dans les budgets prévisionnels initiaux. Pour finaliser votre projet d’installation, vous pouvez également consulter les démarches pour préparer son entrée en EHPAD au-delà des seuls aspects financiers.
Vos questions sur le financement d’un EHPAD dans le sud
Vos questions sur le financement EHPAD en région PACA
Faut-il obligatoirement vendre la maison pour financer l’EHPAD ?
Non, la vente du bien immobilier constitue une solution de dernier recours, pas une obligation systématique. Plusieurs alternatives existent : le viager occupé ou libre (générant une rente mensuelle sans perdre la propriété immédiatement), la location du bien (les revenus locatifs complètent la pension pour financer l’EHPAD), le prêt viager hypothécaire (emprunt garanti par le bien, remboursé à la succession), ou encore le démembrement de propriété avant l’entrée (donation de la nue-propriété aux enfants tout en conservant l’usufruit). La vente ne devient incontournable que si le patrimoine mobilisable (épargne, assurance-vie, revenus) reste insuffisant après épuisement de toutes les aides (APA, ASH, réduction fiscale) et que le Conseil départemental exige la liquidation d’un actif immobilier dans le cadre de l’instruction ASH.
Combien de temps pour obtenir l’APA après dépôt du dossier ?
Le délai réglementaire d’instruction d’un dossier APA est de deux mois maximum, extensible à trois mois si le dossier nécessite des pièces complémentaires (article L232-3 du Code de l’action sociale et des familles). Dans la pratique observée du département du Var, les délais constatés oscillent entre deux mois et demi et trois mois et demi selon les périodes, avec un allongement notable entre septembre et décembre en raison du pic de demandes de rentrée. Le versement de l’APA est rétroactif à la date de dépôt du dossier complet, ce qui signifie qu’en cas de délai de quatre mois, vous recevrez un rattrapage des quatre mois écoulés lors du premier versement. Pour sécuriser le financement dès le premier mois de facturation EHPAD, déposez le dossier APA trois à quatre mois avant l’entrée effective en établissement.
Quels sont les coûts cachés non mentionnés sur la facture mensuelle ?
Au-delà de la facture mensuelle principale (hébergement + dépendance), plusieurs postes s’ajoutent systématiquement : le pédicure (30 à 40 euros toutes les six semaines environ), le coiffeur (15 à 25 euros par mois), les sorties accompagnées organisées par l’établissement (20 à 50 euros selon la prestation), les vêtements adaptés à la dépendance (pantalons à élastique, chemises à pressions, chaussures orthopédiques pour 80 à 150 euros tous les six mois), les produits d’hygiène spécifiques (protections, crèmes dermatologiques pour 30 à 50 euros mensuels), et les consommations au bar ou distributeurs si l’établissement en dispose. Ces dépenses annexes représentent en moyenne plusieurs dizaines à plus d’une centaine d’euros supplémentaires par mois et doivent être anticipées dans le budget prévisionnel global pour éviter les dépassements en cours d’année.
Le tarif EHPAD augmente-t-il chaque année automatiquement ?
Oui, les établissements procèdent à une indexation tarifaire annuelle, généralement appliquée au 1er janvier de chaque année. L’évolution moyenne constatée sur les dernières années s’inscrit dans une fourchette modérée, en fonction de l’inflation et de la progression des coûts de masse salariale du secteur médico-social. Pour 2026, l’arrêté du 24 décembre 2025 a plafonné la hausse maximale à 0,86 % (contre 3,21 % en 2025), marquant un ralentissement exceptionnel. Sur une projection de long terme, vous devez anticiper une augmentation progressive du tarif initial, ce qui signifie qu’un EHPAD facturant 2 600 euros en 2026 pourrait atteindre un montant sensiblement plus élevé dans les années à venir. Cette évolution progressive doit être intégrée dans votre planification patrimoniale à long terme pour éviter tout déséquilibre budgétaire en fin de parcours.
Peut-on cumuler APA et ASH pour le même résident ?
Oui, le cumul APA et ASH est non seulement possible mais constitue la configuration la plus fréquente pour les résidents en GIR 1 ou 2 disposant de faibles revenus. L’APA couvre une partie du tarif dépendance (sans condition de ressources), tandis que l’ASH complète le financement du tarif hébergement si les revenus du résident restent insuffisants après prise en compte de l’APA. Prenons un exemple concret : un résident en GIR 2 avec 1 100 euros de pension entre dans un EHPAD facturant 2 500 euros (2 000 euros hébergement + 500 euros dépendance). L’APA couvre 400 euros du tarif dépendance, ramenant la facture à 2 100 euros. L’ASH peut alors prendre en charge le différentiel entre 2 100 euros et 90 % de 1 100 euros (soit 1 010 euros), couvrant environ 1 090 euros supplémentaires. Le reste à charge familial (via obligation alimentaire des enfants) s’établit alors à un montant réduit dans cette configuration de cumul maximal.
L’ASH est-elle systématiquement récupérée sur la succession ?
La récupération de l’ASH sur succession intervient dès le premier euro d’actif net successoral, sans seuil protecteur comme c’est le cas pour l’aide à domicile où le seuil est fixé à 46 000 euros (article L132-8 du Code de l’action sociale et des familles). Cependant, cette récupération ne s’applique que si une succession existe effectivement : en l’absence d’actif transmis aux héritiers, aucune récupération n’est possible. Le Conseil départemental inscrit une hypothèque légale sur les biens immobiliers du bénéficiaire pour garantir le recouvrement futur. Le montant récupéré est plafonné à l’actif net successoral (patrimoine brut moins dettes du défunt) et ne peut jamais porter sur le patrimoine personnel des héritiers. Certaines situations permettent d’échapper totalement ou partiellement à la récupération : si les héritiers se trouvent eux-mêmes dans le besoin, le Conseil départemental peut renoncer au recouvrement sur demande motivée (remise gracieuse).
ℹ Précisions sur les aides et les barèmes
Limites de ce guide :
- Les montants et barèmes mentionnés évoluent annuellement et varient selon les départements. Les chiffres présentés constituent des fourchettes indicatives pour le département du Var en 2026.
- Chaque situation patrimoniale et familiale nécessite une analyse personnalisée par le Conseil départemental, notamment pour l’évaluation de l’obligation alimentaire dans le cadre de l’ASH.
- Les délais d’attribution des aides (APA, ASH) peuvent varier de deux à six mois selon les périodes et la complétude des dossiers déposés.
Risques explicites à anticiper :
- Risque de refus de l’ASH si le Conseil départemental estime votre patrimoine immobilier mobilisable (hypothèque ou vente du bien exigée avant acceptation du dossier).
- Risque d’épuisement de l’épargne si le reste à charge mensuel a été sous-estimé en raison de coûts annexes non anticipés (pédicure, coiffeur, sorties, vêtements adaptés représentant plusieurs dizaines à plus d’une centaine d’euros mensuels supplémentaires).
- Risque de récupération de créance ASH sur succession avec inscription d’une hypothèque légale dès le premier euro versé, contrairement à l’aide à domicile qui bénéficie d’un seuil protecteur de 46 000 euros.
Organisme à consulter : Conseil départemental du Var (service autonomie des personnes âgées) au 04 83 95 00 00 ou conseiller en gestion de patrimoine certifié (CIF/CGPI) pour une analyse patrimoniale personnalisée avant toute décision d’entrée en établissement.